CFF: 2x plus de places assises entre Lausanne et Genève d’ici 2025

Interview d'Andreas Meyer, CEO des CFF

Les CFF n’attendront pas la «3e voie» pour augmenter la capacité de transport de passagers entre Lausanne et Genève. «Diverses mesures doivent permettre de doubler le nombre de places assises entre ces villes d’ici 2025!», a rappelé Andreas Meyer, le directeur général exécutif de l’entreprise de transports. Le 10 novembre 2010, devant un parterre d’entrepreneurs invités par la BCV à l’occasion de la rencontre Conjoncture et perspectives à Lausanne, il a expliqué comment: réalisation des nouveaux points de croisement à Mies (VD) et Chambésy (GE), introduction de nouvelles rames à deux étages et augmentation de la capacité des nœuds ferroviaires de Lausanne et Genève, notamment.

Les travaux bénéficient d’un préfinancement des deux cantons concernés. «Genève et Vaud font oeuvre de pionnier dans le soutien à des projets importants pour le développement de la région», a dit Andreas Meyer. Et, sans soutien des autorités politiques et du peuple suisse, les CFF ne pourraient rien faire, a-t-il fait valoir. Car l’entreprise fait face à d’importants défis, notamment répondre à une demande en forte augmentation et aux attentes élevées en matière de qualité ainsi qu’assurer le financement de l’infrastructure nécessaire pour y faire face.

«Il manque environ 6 milliards de francs d’ici 2020»

Comparé à d’autres pays, la Suisse dispose d’une offre de transports ferroviaires de qualité, a plaidé le directeur des CFF. Des progrès ont notamment été faits dans la région romande et dans l’ensemble du pays en matière de ponctualité et de correspondances tenues. Mais les enjeux vont bien au-delà du respect des horaires: les CFF ont besoin de moyens financiers importants, pour faire face aux coûts engendrés par Rail 2000, les nouvelles transversales alpines ou l’augmentation de la capacité dans la région zurichoise. «Il manque environ 6 milliards de francs d’ici 2020.» Des discussions sont en cours pour trouver comment combler cette lacune de financement.

La Confédération, les CFF eux-mêmes, via une augmentation de la productivité, et les clients, par une hausse des tarifs, devront y contribuer, a ajouté Andreas Meyer. Une part très importante des besoins revient à l’entretien du réseau, dont l’usure s’est accélérée avec l’augmentation des cadences, a-t-il encore dit. L’infrastructure est aujourd’hui en bonne condition, mais il faut prévoir les besoins qui se manifesteront d’ici cinq à dix ans. De plus, les CFF doivent également trouver les moyens d’améliorer ponctuellement leur offre. «20 milliards de francs vont être investis dans le matériel roulant.» Et les romands en profiteront. Il s’agit aussi d’éliminer les goulets d’étranglements les plus urgents, notamment entre Brigue et Yverdon-les-Bains.

«Nous utilisons aujourd’hui l’infrastructure ferroviaire planifiée et réalisée par les générations précédentes et nous travaillons aujourd’hui pour les générations futures», a rappelé le directeur des CFF. «A quelle vitesse rouleront les trains dans 50 ans?», a-t-il demandé, pour expliquer qu’il faut réfléchir aujourd’hui déjà aux capacités nécessaires dans plusieurs décennies, aux gares et aux correspondances. Les prochaines évolutions se feront peut-être plutôt par étapes que via des grands projets comme Rail 2030.

Jean-Pascal Baechler, Média et information

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