Le dernier kilomètre des télécoms, c’est un peu comme le dernier kilomètre d’un marathon. Ceux qui ont le mieux géré leur course et qui disposent de ressources suffisantes pour l’emballage final tireront le plus grand profit de cette fameuse libéralisation du dernier kilomètre, due à la perte du monopole de Swisscom. La société VTX Telecom, à Pully, fait partie de ce petit peloton. Elle a été créée en 1986 et elle se profile, aujourd’hui, comme l’un des principaux opérateurs indépendants du marché, occupant une position de pointe dans le domaine de l’internet et des télécommunications.
Deux de ses cofondateurs, Francis Cobbi et Philippe Roditi, sont toujours à la tête d’une entreprise qui a grandi à la vitesse V. « Nous n’avons pas la prétention de supplanter les plus grands de la branche mais notre stratégie de développement, basée sur l’ innovation des services et la proximitédes marchés, nous permet de jouer dans leur cour ».
Sa croissance, la société pulliérane, aujourd’hui structurée en holding, l’a fondée en priorité sur des accords de collaboration et des rachats de société. Ils lui ont permis d’étendre progressivement sa sphère d’activité à l’ensemble de la Suisse et d’élargir la gamme des services offerts afin de couvrir le maximum des besoins de leur clientèle. Dernière en date parmi les opérations de quelque envergure, la reprise de la société genevoise Deckpoint. VTX Telecom renforce ainsi sa position en Suisse romande, toujours dans la perspective de la libéralisation du dernier kilomètre. « Nous avons conservé ses 25 collaborateurs, précisent les patrons de VTX Telecom, comme nous l’avons fait lors des rachats précédents. Cela entre dans notre stratégie de développement ».
Aujourd’hui, VTX Telecom « pèse » 76 millions de chiffres d’affaires, elle compte environ 25'000 clients entreprises et 50'000 privés et elle occupe 200 employés. Elle bénéficie depuis 1999 de la participation de deux fonds d’investissements spécialisés dans les télécommunications, le français Part’Com, devenu depuis Iris Capital, et l’Italien Kiwi. Ces deux fonds sont entrés dans le capital de VTX Telecom mais Francis Cobbi et Philippe Roditi en conservent une part prépondérante. « Nous avons la capacité de participer à la libéralisation du dernier kilomètre et de relever ce qui constitue, aujourd’hui, notre principal défi. Nos produits sont compétitifs et nous avons constitué un vaste réservoir de clientèle ». Pour l’ensemble des opérateurs, l’engagement dans cette opération est à la hauteur de son enjeu « et il est frappant de constater que si tous étaient favorables à la libéralisation, nombre d’entre eux ont renoncé en route ».
Le groupe envisage une entrée en bourse à moyen terme. « Mais nous n’avons pas l’ambition de nous transformer en un géant des télécoms. Notre autre défi est de continuer à nous développer tout en demeurantfidèles à notre culture d’entreprise, qui est celle d’une PME ».
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