Etudiant en lettres à l’Université de Lausanne la journée, chauffeur de taxi la nuit, Frank van Buel n’imaginait pas qu’il se trouverait un jour à la tête d’une PME vaudoise spécialisée dans l’importation de produits tropicaux et équatoriaux, des fruits essentiellement. C’était dans les années quatre-vingt. Aujourd’hui, Satori SA, basée à Aclens, dégage un chiffre d’affaires annuel de quelque 30 millions de francs et emploie près de 40 personnes. Elle occupe, avec ses spécialités exotiques, une position de force dans le secteur de la distribution alimentaire.
La clé de son succès ? Frank van Buel la résume en une phrase : « Si l’on fait quelque chose de bien et que l’on y croit, on peut se faire une place au soleil ». Et ça, on ne l’apprend pas sur les bancs d’une faculté de lettres. C’est inscrit dans les gènes. Mais il faut aussi le flair et le petit coup de pouce du destin pour réussir dans son entreprise.
« Avec un ami, dont l’oncle était importateur de fruits exotiques, nous avons créé un service de distribution dans la restauration. D’emblée, nous avons visé les établissements haut de gamme». Le créneau était prometteur car l’attrait des fruits exotiques auprès des consommateurs allait grandissant au milieu des années quatre-vingt. Afin d’assurer le contrôle de la qualité de nos produits, nous avons décidé ensuite d’importer nous-mêmes nos produits et nous avons passé du statut de détaillant à celui de grossiste ».
En 1988, lorsque Frank van Buel se sépare de son associé et reprend l’affaire à son compte, elle occupe 5 personnes et réalise un chiffre d’affaires de 4 millions. On mesure le chemin parcouru par Satori en moins de deux décennies. « Mais pour y parvenir, je ne me suis jamais écarté du principe de base de l’entreprise : rester fidèle au produit haut de gamme en garantissant sa fraîcheur. J’offre au consommateur ma passion du beau produit ».
Cette règle n’est pas un pur slogan de marketing. Elle implique un contrôle strict du début à la fin de la chaîne de production et de distribution. En amont, Satori est en relation d’affaires constante avec des producteurs d’une vingtaine de pays différents. « Notre force est de disposer d’un réseau fiable que le grand distributeur suisse ne possède
pas ». Que ce soit en Equateur ou au Brésil, en Côte d’Ivoire ou en Afrique du Sud, Frank van Buel a tissé des liens étroits avec ses fournisseurs. Ainsi travaille-t-il avec une trentaine de familles équatoriennes qui cultivent la petite banane. De ses origines hollandaises, il a gardé l’attrait du grand large et une riche connaissance des langues : cinq au total. Au flamand, au français et à l’anglais, il a ajouté l’espagnol et le portugais, indispensables pour ses relations d’affaires.
Toujours dans son souci de maîtriser la qualité de ses produits, Frank van Buel a également lancé Fruitissime, un emballage original que le consommateur découvre dans les rayons d’un grand distributeur. Avec cet emballage, le fruit est présenté en suspension dans une coque. Il est offert en très bon état de maturité, avec en prime la garantie d’une excellente hygiène. Le prototype de la machine fabriquant cet emballage a été conçu par des ingénieurs genevois. Leur collaboration s’est d’ailleurs étendue au capital même de Satori, dont Jean-Pierre Etter, conseiller en entreprises, détient une part minoritaire.
La croissance de l’entreprise l’a également contrainte à investir dans de nouveaux locaux. De locataire à Lonay, elle est devenue voilà deux ans propriétaire de ses murs à Aclens. Au passage, Frank van Buel tire un coup de chapeau à la Banque cantonale vaudoise, qui lui a avancé les capitaux nécessaires. « Nous étions déjà en relations d’affaires et là aussi la confiance a joué un rôle primordial, comme c’est le cas avec les fournisseurs et les clients de mon entreprise ».
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