Administrateur-délégué de Cand-Landi, Antoine Maillard représente aujourd’hui la quatrième génération de la famille à la tête de cette entreprise installée depuis 113 ans sur le territoire de Grandson. Un modèle assez rare de longévité pour une entreprise en mains familiales. Un exemple aussi de souplesse car elle a su se diversifier sans se lancer dans des activités aléatoires. Elle a résisté aux à-coups de la conjoncture fréquents et parfois violents dans les métiers de la construction. Il y a trois ans, elle a fait appel à un directeur externe Claude-Alain Roulet, qui connaissait déjà bien la société. Dans la foulée, ses structures ont été adaptées à un environnement économique en pleine mutation. Ainsi, l'opérationnel a-t-il été organisé en cinq départements distincts, les rôles de chacun ont été clarifiés et de nouvelles méthodes de gestion ont été adoptées, par exemple l'introduction de plans d'affaires. L'entreprise a également redynamisé son activité commerciale pour compenser la fin des grands chantiers de construction des autoroutes sur le territoire romand.
Cand-Landi est présente dans toute une série de domaines liés aux transports et à l’industrie de la construction. L’activité la plus visible de l’entreprise, ce sont bien sûr les transports routiers et la flotte de camions qui sillonnent les routes du canton de Vaud…et au-delà, chargés de matériaux pour la construction. Mais elle a aussi élargi sa sphère d’activité en offrant progressivement à sa clientèle une prestation globale; moins connus du grand public, les matériaux eux-mêmes, en particulier l’extraction du gravier, le terrassement, l’assainissement et le traitement des déchets constituent aujourd’hui la plus grande partie de son chiffre d’affaires. Un chiffre d’affaires de l’ordre de 30 millions de francs pour une entreprise qui occupe environ 160 personnes.
« Des forces vives et une vision nouvelle ont été apportées de l’extérieur par Claude-Alain Roulet à la direction, Nicolas Rouge, ancien directeur général et propriétaire des sources minérales Henniez, comme nouvel administrateur et Jean-Daniel Lavanchy, ancien directeur chez Holcim, à la présidence du conseil d’administration. Elles sont un gage de pérennité pour l’entreprise» affirme Antoine Maillard pour qui « le fait d’être moins engagé sur le front est largement compensé par l’avantage de pouvoir prendre un peu de hauteur dans la conduite du groupe ». Même s’il a été restructuré, même s’il a modernisé ses méthodes de gestion, celui-ci demeure fermement attaché à l’esprit de famille qui a imprégné son activité durant plus d’un siècle. D’ailleurs, le père d’Antoine Maillard, Raymond, s’il vient de quitter la présidence du conseil d’administration à l’âge de 78 ans, est demeuré administrateur « parce qu’il a l’expérience et qu’il est l’histoire de la maison ».
Les avantages d’une entreprise familiale sont multiples mais Antoine Maillard cite en premier lieu le caractère humain d’une PME comme Cand-Landi qui, en dépit de sa taille, s’efforce de conserver des relations étroites avec l’ensemble de ses collaborateurs. Son indépendance à l’égard d’investisseurs étrangers l’a confortée dans sa politique financière prudente. En consacrant régulièrement une part appréciable de ses bénéfices à l’amortissement de ses installations, c’est sur une base financière saine qu’elle a pu affronter les retournements de la conjoncture et procéder à de nouveaux investissements.
Propos recueillis par Etienne Oppliger, journaliste économique
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