Parce qu'une vigne de trois hectares ne suffisait pas pour faire vivre sa famille, Christof Lauber a pris le risque de la mécanisation des vendanges et il a loué ses services à ses collègues vignerons de la Côte. Avec l'appui du Crédit équipement de la BCV, le viticulteur d'Essertines-sur-Rolle a gagné son pari.
Agriculteur de formation, viticulteur par son mariage, Christof Lauber a coiffé une troisième casquette lorsqu’il a décidé de s’investir et d’investir aussi dans les travaux à tâche pour d’autres vignerons. C’était il y a dix-sept ans. Aujourd’hui installé à Essertines-sur-Rolle avec sa femme et leurs quatre enfants, il se souvient : «les trois hectares de vigne que j’avais repris de mon beau-père étaient insuffisants pour faire vivre ma famille. Il m’en aurait fallu le double. C’est alors que j’ai pris la décision de me lancer dans des travaux d’entreprise. Quelques années plus tôt, j’avais participé avec un importateur de machines d’Aubonne aux premiers essais de vendanges mécaniques. J’étais alors convaincu que la machine à vendanger était la solution qui permettrait de régler le problème de la main-d’œuvre viticole, comme la moissonneuse l’avait été pour les cultivateurs de céréales. Elle me donnait la possibilité de diversifier mon activité professionnelle sans m’éloigner des travaux de la vigne».
Les chiffres ont donné raison à Christof Lauber. Il estime qu’aujourd’hui près de la moitié du vignoble de la Côte est vendangée mécaniquement par ses soins, par ceux de ses concurrents ou encore par les vignerons eux-mêmes. Mais il lui a fallu jouer les pionniers, prendre son bâton de pèlerin, démarcher ses collègues et vaincre leurs réticences pour s’ouvrir des débouchés. Et aussi investir quelques dizaines de milliers de francs pour s’équiper. «La première machine à vendanger valait 180 000 francs. Aujourd’hui, avec le renchérissement et tous les perfectionnements techniques dont elle a bénéficié, il faut compter 280 000 francs».
Lorsqu’il se lance, Christof Lauber ne dispose que de peu de fonds propres. Il recourt au leasing pour réaliser ses premiers investissements. Puis il s’adresse à la Banque Cantonale Vaudoise et il bénéficie alors de son Crédit équipement . «Ce type de crédit offre plusieurs avantages pour une activité comme la mienne. Sa durée varie entre deux et sept ans – sept ans en ce qui me concerne – et elle correspond à l’amortissement de mes machines. Le taux d’intérêt est fixe et déterminé individuellement. Le paiement trimestriel est constant». Sept ans seulement pour amortir une machine à vendanger ? «Oui, car les nouveautés et les perfectionnements techniques se succèdent très rapidement dans ce domaine. Je viens d’investir dans ma quatrième machine et j’en ai deux à l’heure actuelle qui sont opérationnelles. Mon offre de services ne se limite plus aux vendanges, soit deux semaines et demie par année, mais elle englobe d’autres prestations qui interviennent le reste de l’année comme le bêchage du sol pour la préparation des plantations, ou le traitement de la vigne à façon ; il s’agit là d’une activité toute nouvelle offrant un gros potentiel de développement. D’autre part, le Crédit équipement de la BCV correspond tout à fait à la conception que j’ai de la qualité de mes services : une machine à vendanger ne peut pas tomber en panne durant les vendanges car les conséquences risquent d’être très dommageables pour le viticulteur. Elle doit être opérationnelle en tout temps, ce qui implique un amortissement rapide».
Homme de terrain, homme de bureau, Christof Lauber gère lui-même son entreprise de A jusqu’à Z. Comme tout patron de PME, il peste contre les lourdeurs administratives et les complexités fiscales qui prennent trop de temps. Comme tout créateur d’entreprise, il a dû faire ses preuves et tisser des liens de confiance pour que s’ouvre devant lui la voie du crédit bancaire. «Heureusement, tout s’est bien passé avec la BCV et un véritable partenariat existe aujourd’hui entre son agence de Nyon et moi. Je sais que si j’en ressens le besoin, je peux compter sur l’aide des spécialistes de l’établissement pour la gestion de mon entreprise. Je n’y ai pas recouru jusqu’à présent mais sentir que je jouis de la confiance de la banque, savoir que je peux m’adresser à elle en tout temps en cas de problème est un précieux stimulant».
Propos recueillis par Etienne Oppliger, journaliste économique externe
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